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L'essor du taxi aérien

Une interview de Claude Le Tallec, Chargé de mission "Transport aérien personnel" à l'ONERA. 

Qu'est-ce qui, à l'heure actuelle, favorise l'émergence de la thématique des voitures volantes ?

Le notion de « voiture volante » tend à disparaître au profit de celle de « taxi aérien ». En effet, si nous entendons par « voiture volante » un véhicule qui peut à la fois être utilisé sur route et dans les airs, la probabilité est très faible que de tels véhicules soient utilisés opérationnellement un jour. Un aéronef doit à la fois être léger et « propre » d’un point de vue aérodynamique (le moins possible d’appendices extérieurs au fuselage) tandis qu’un véhicule terrestre doit être résistant aux petits chocs voire à des crash tests, d’où la présence de pare-chocs et de roues, pneus et amortisseurs de taille importante pour ne pas se détériorer à la moindre ornière.
Les véhicules que nous voyons apparaître aujourd’hui sont des engins volants purs, pour la plupart à capacité de décollage et atterrissage verticaux. Il existe des véhicules avec une partie « véhicule terrestre » et une partie « véhicule aérien », mais leur complexité les rend peu compétitifs.

- Quelles sont les technologies employées ?

La cellule de ces taxis aériens est en matériau composite, leur propulsion est assurée par un ensemble de moteurs électriques distribués sur la cellule actionnant des hélices et alimentés soit par des batteries, soit par des batteries et un turbo-générateur. Ils sont équipés de nombreux capteurs électromagnétiques et optiques.

- Quels sont les défis spécifiques à relever dans ce domaine ?

Du fait du grand nombre de moteurs qui équipent ces engins, ils devront être très automatisés car leur pilotage n’est pas gérable par un humain. D’un point de vue technique, ces véhicules devraient pouvoir être réalisés avec de bons niveaux de sécurité et de performance d’ici 4 ou 5 ans. En revanche, la navigation et l’intégration de ces engins dans l’espace aérien aux côtés des autres utilisateurs de cet espace ne sont pas encore matures sans pilote à bord. Il est donc vraisemblable qu’il soit nécessaire de garder un pilote à bord pendant un certain temps. Il est actuellement difficile d’estimer ce temps car une utilisation d’aéronefs automatisés, voire autonomes, ne peut se faire qu’avec un système de gestion du trafic aérien significativement différent de celui d’aujourd’hui fondé sur des échanges vocaux entre pilotes et contrôleurs.

- Ces nouveaux modes de transport prennent-ils en compte les enjeux écologiques, de quelle manière ?

Oui, comme indiqué plus haut, les propulseurs de ces aéronefs peuvent être alimentés par des batteries, sans émettre de polluants en vol. En outre, la distribution de la propulsion sur de nombreux moteurs permet de diminuer le niveau de bruit de cette propulsion. 

- Combien de temps entre l'idée d'un projet, le prototype et sa commercialisation ?

La réponse à cette question n’est pas facile. L’idée du taxi aérien n’est pas nouvelle, mais la technologie pour les réaliser n’existait pas jusqu'à ces toutes dernières années. Nous avons actuellement les technologies nécessaires pour réaliser le véhicule avec un pilote à bord. Il en manque encore quelques-unes pour le faire voler sans pilote (dans le véhicule et au sol). Quant à sa commercialisation, tout est affaire de viabilité économique. Le coût des voyages pendant la phase « pilote à bord » sera encore élevé mais pourrait être acceptable pour certaines applications comme l’évacuation sanitaire. Le marché pourrait se développer lorsque ces véhicules pourront évoluer automatiquement, mais ce n’est pas pour demain !

   - Quelle est l'implication de  l'ONERA dans ce domaine ?

Un taxi volant évoluant dans l'espace aérien : voilà un thème qui fait appel à un grand nombre de nos compétences, tant pour la définition du véhicule que pour son opération !  L’ONERA travaille depuis de nombreuses années sur les véhicules automatisés tels que les drones (véhicules volant sans personne à bord) ou de transport de passagers (projet Européen PPlane entre 2009 et 2012 et projet SAFRAN / ONERA de taxi aérien depuis 2017). L’ONERA travaille également sur les systèmes sol et bord (capteurs et systèmes de capteurs + interface homme-machine par exemple) pour faire évoluer ces taxis en toute sécurité, sur des outils de simulation pour évaluer les risques que leurs trajectoires induisent là où ils volent ou encore sur des modélisations permettant d’analyser le niveau de sécurité de leur utilisation.
Publié le 29/05/2018

Pour en savoir plus

  • sur l'ONERA, le centre de recherche aérospatial français : www.onera.fr

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Tous à l’eau !
L’eau douce ne représente que 2,5 % de l’eau présente sur Terre. Ressource abondante pour les uns c'est un trésor pour les autres.

L’eau au cœur du développement

Ressource indispensable à la vie, l’eau est aussi au cœur de toutes les activités sociales, économiques et environnementales. Facteur de croissance et de bien-être quand elle est disponible et potable, sa pénurie ou sa mauvaise qualité limitent tout développement social et technologique, entraînant misère et conflits.

De l’eau dépend la nourriture, la santé humaine et l’environnement. Cependant, l'approvisionnement en eau est encore limité dans de nombreux pays.

Une ressource menacée, un accès encore limité

L’accès à l’eau douce est de plus en plus menacé par l’utilisation abusive des terres, la déforestation, le réchauffement du climat, la consommation accrue d’eau douce en réponse à la croissance démographique. Sa qualité est quant à elle menacée par l’augmentation de la pollution, particulièrement celle due à l’urbanisation et à l’agriculture intensive.

Assainissement et potabilisation sont nécessaires pour garantir à tous une eau propre et consommable. L’assainissement épure les pollutions des eaux usées dont elles sont chargées pour être ensuite rejetée dans le milieu naturel. La potabilisation quant à elle transforme en eau potable l’eau prélevée dans le milieu naturel.

Aujourd’hui, l’AFD (Agence Française pour le Développement) estime que près d’un quart de la population mondiale consomme une eau insalubre. D’après l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), 2,6 milliards de personnes ne disposent pas de moyens d’assainissement satisfaisants. Cet assainissement de l’eau est pourtant primordial car il prévient le risque de maladies infectieuses. Ces dernières sont responsables de 3,2 millions de décès par an, soit 6 % des décès dans le monde.

Un bien à protéger

Il faudrait 20 à 50 litres d’eau, sans produits chimiques dangereux et contaminants microbiens, pour chaque individu afin de satisfaire sa soif et ses besoins d’hygiène. C’est en investissant dans, l’approvisionnement en eau salubre, l’assainissement de l’eau que la santé et la productivité économique peuvent se développer. En 1993, pour rappeler cela et sensibiliser aux enjeux humains, environnementaux, sociétaux et économiques de l’eau, l’Assemblée Générale des Nations Unies a désigné le 22 mars comme Journée Mondiale de l’Eau. Chaque année elle met en lumière un aspect différent de l’eau, cette année c’est le rôle joué par l'eau dans la création et le soutien d'emplois de qualité.

Pour en savoir plus :

Journée Mondiale de l’Eau – site des Nations Unies

Eau – article de l’UNESCO

L’eau un bien public mondial sous pression – article de l’AFD

Changement climatique et santé humaine – article de l’OMS

Fora mondiaux de l’Eau – article de l’Office International de l’Eau

La rédaction de Sciences en Ligne
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