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Lasers à l'honneur pour le Prix Nobel 2018

Arthur Ashkin a été primé pour l'invention des «pinces optiques», dont le principe repose sur l'utilisation des forces liées à la réfraction d’un faisceau laser en milieu transparent. Cette force va alors permettre de maintenir et de déplacer des objets microscopiques, voire ...

L'enjeu des débris spatiaux

Des débris dangereux qui s'accumulent

Depuis le lancement de Spoutnik 1 en 1957, le nombre de satellites artificiels en orbite autour de la Terre n'a cessé de croître. En 61 ans, on compte plus de 5000 lancements d'engins dans l'espace. Actuellement, quelque 1500 satellites sont actifs ...

Lidar au service du climat

L'altimétrie satellitaire

Le satellite ICESat-2 a été mis en orbite à une altitude de 466 km, avec à son bord le système ATLAS (Advanced Topographic Laser Altimeter System). Ce système d'altimétrie par satellite va analyser l'état des calottes polaires ...

Fin de partie pour les lampes halogènes

Pourquoi en finir avec les halogènes ?

À cause de leur durée de vie assez courte (2000 heures en moyenne) et d'une efficacité lumineuse médiocre, les lampes halogènes sont devenues obsolètes, dans un contexte où la sobriété énergétique ...

Titan Krios

Une technologie de pointe pour visualiser des composantes microscopiques

Le Titan KriosTM est un microscope électronique doté d'une caméra ultrasophistiquée, capable de fournir des images révolutionnaires par leur résolution. ...

Le LHC haute luminosité

Des données cruciales pour la recherche

Le LHC, Large Hadron Collider, est un accélérateur de particules circulaire, enfoui entre la France et la Suisse. Avec ses 27 km de circonférence, c'est le plus grand collisionneur de particules au monde, et aussi le plus puissant. Les particules y sont ...

Vitiligo

Une maladie de la peau assez fréquente

Le vitiligo se manifeste par l'apparition de zones dépigmentées sur la peau, due à la disparition de mélanocytes, les cellules pigmentaires productrices de mélanine, pigment de la peau. Si les causes exactes de la maladie restent mystérieuses, ...

La lutte contre la drépanocytose

Un enjeu majeur de santé publique

Chaque année, 275 000 nouveaux cas sont dépistés dans le monde, chez les nourissons. La drépanocytose touche particulièrement les populations d'Afrique et d'Inde. La France n'est pas totalement épargnée avec un enfant pour 1900 nouveaux nés atteint de la maladie. En 2009, elle a été classée au quatrième rang des priorités en matière de santé publique par l'OMS.

Qu'est-ce que la drépanocytose ?

La drépanocytose est une maladie génétique résultant de la mutation d'un gène. Elle ne s'exprime que si les deux allèles dont dispose l'individu ont mutés. Si un seul des deux a muté, on parle de porteur sain de la maladie.

La drépanocytose se caractérise par une anomalie dans la forme des globules rouges : au lieu d'être biconcaves, ils prennent une forme de croissant ou de faucille, d'où l'autre nom de la maladie, l'« anémie falciforme » (sickle cell anemia en anglais). Les globules rouges de cette forme sont plus fragiles et leur durée de vie chute drastiquement de 120 à une vingtaine de jours ce qui contribue à augmenter la viscosité du sang, avec la conséquence de boucher potentiellement de petites artères.

Les symptômes de la drépanocytose sont d'intensité variable mais généralement graves et handicapants. Parmi eux, on trouve principalement l'anémie chronique, des crises douloureuses vaso-occlusives dues à l'obturation des vaisseaux sanguins et une sensibilité plus importante aux infections.

Diagnostic

Le diagnostic de la drépanocytose peut se faire par deux moyens : par frottis sanguin, la forme de faucille des globules rouges étant observable au microscope, ou par test génétique qui permet de déterminer si le gène concerné a muté ou non. Un diagnostic prénatal peut même être fait pour les couples les plus à risques (si au moins l'un des deux est drépanocytaire et que l'autre est porteur sain). En effet, pour un couple de porteurs sains, le risque d'avoir un enfant drépanocytaire est de un sur quatre, et passe à un sur deux si l'un des deux est lui-même drépanocytaire.

Traitements et avancées de la thérapie génique

Les traitements les plus courants sont des traitements des symptômes de la maladie : pour éviter les complications, on prescrit au patient des antibiotiques et une couverture vaccinale renforcée pour se prémunir des infections, et des transfusions de sang provenant de donneurs sains pour éviter les troubles d'obturation et d'anémie chronique. Les transfusions répétées peuvent toutefois être rendues obsolètes si le système immunitaire du patient détecte le sang transfusé comme un corps étranger.

Le seul traitement curateur existant aujourd'hui est la greffe de cellules souches de la moelle osseuse, lieu de la production des globules rouges, pour rétablir une production normale. C'est une intervention lourde et non sans risque, qui nécessite de plus un donneur compatible de la famille (frère ou sœur), ce qui la rend inaccessible à bon nombre de malades. Elle est réservée aux personnes atteintes des formes les plus sévères de la maladie et disposant d'un donneur compatible.

Cependant, la thérapie génique pourrait apporter un nouveau traitement aussi performant et moins contraignant : une autogreffe de cellules souches hématopoïétiques (les cellules à l'origine de la production de toutes les cellules sanguines). Les résultats semblent pour l'instant encourageants : deux ans après l'administration du traitement dans le cadre d'un essai, un patient a produit plus de 50% d'hémoglobine normale (alors que 20% suffisent pour traiter la maladie). C'est une rémission complète avec disparition des symtômes, sans nécessiter de transfusion sanguine. Quelques années d'observation s'imposent toutefois avant de pouvoir déclarer le patient guéri. 

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Un biomarqueur pronostic
Une protéine pourrait servir de marqueur pour améliorer le pronostic du cancer colorectal

Des marqueurs pour le diagnostic et le pronostic

Certaines protéines font office de marqueurs tumoraux lorsqu'elles sont produites en excès par le corps. En effet, lorsque des proportions anormalement élevées sont détectées dans le sang, les tissus, l'urine ou les selles, il devient fort à parier que ces protéines proviennent de cellules cancéreuses (des examens complémentaires sont alors entrepris pour un diagnostic de certitude). Par exemple : une concentration élevée d'antigène prostatique spécifique (PSA) peut indiquer un cancer de la prostate ; l'alpha-foetoprotéine, un cancer hépatique ; la protéine RCP, un cancer du sein. Totalement asymptomatique durant les premiers stades, le cancer du côlon-rectum est un des cancers les plus pernicieux car difficile à diagnostiquer. De plus, il dispose de peu de marqueurs pronostiques. C'est pourquoi les travaux d'une équipe pluridisciplinaire de chercheurs de l'Université de Luxembourg constituent une avancée importante : ils ont identifié un nouveau biomarqueur d'intérêt pour le traitement du cancer colorectal.

L'identification d'une protéine

Ces recherches s'appuient sur une collection d'échantillons biologiques (sang, plasma, urine, tissus) provenant de patients du cancer colorectal. Une hypothèse a conduit à s'intéresser à la protéine MYO5B qui appartient à la famille des myosines, des protéines jouant un rôle majeur dans des phénomènes étroitement liés au cancer : le transport cellulaire et la polarisation des cellules. Grâce à une méta-analyse, c'est-à-dire des travaux synthétisant les résultats de différentes études, il a pu être démontré que la quantité de MYO5B et l'avancée de la maladie sont inversement proportionnelles ; les patients souffrant d'un cancer du "grand estomac" semblent avoir de meilleures chances de survie lorsque leur taux de protéine MYO5B reste élevé.

Le dosage de cette protéine devrait permettre de mieux évaluer l'avancée de la maladie chez les patients et ainsi d'administrer les thérapies les mieux adaptées. Le stade I correspond à une tumeur localisée inférieure à 2cm ; le stade IV à la propagation de la tumeur à d'autres organes, via des métastases. Aujourd'hui, des personnes atteintes d'un cancer de stade 2 peuvent se voir proposer une chimiothérapie et en subir les effets secondaires, alors même que le schéma thérapeutique approprié pourrait être la radiothérapie dans certains cas voire la chirurgie chez les patients présentant une forte expression de la MYO5B.

Des résultats prometteurs à confirmer

Pour le Dr. Elisabeth Letellier, « la force de cette étude réside dans les approches interdisciplinaires, intégrant la bio-informatique et les techniques expérimentales de pointe. » . La confirmation du rôle de biomarqueur de la myosine MYO5B va nécessiter d'effectuer des études sur d'autres cohortes et dans d'autres conditions. Une étape supplémentaire de preuve de concept s'impose donc avant de passer à des essais cliniques.
 

Yannis Benzaïd
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