S'inscrire identifiants oubliés ?

Les atouts de la voiture électrique

Des impacts à clarifier

Si l'intérêt des véhicules électriques pour la réduction de la pollution de l'air, en particulier dans les villes, est évident, il n'en est pas de même pour ce qui est de sa contribution à la lutte contre le changement climatique ...

fractales et compréhension du monde

Il est coutume, pour décrire un objet fractal, de le rapprocher de la récursivité des poupées russes : tous deux présentent une structure dite hologigogne, c'est-à-dire que leur tout est parfaitement identique à chacune de ses parties. Forgée en 1974 par le mathématicien Benoît ...

Les nanoparticules d'or

Une couleur inimitable

Bien que tout le monde connaisse l'or pour sa valeur et parce qu'il permet de confectionner des bijoux précieux, il est rarement question des propriétés chimiques de l'or à l'échelle du nanomètre. Par exemple, l'or absorbe les rayons de couleur bleue, ce ...

La radio

Répartition des fréquences radio aux Etats-Unis. (C) NASA

Une révolution radiophonique ...

A la fin du XIXe siècle, Guglielmo Marconi (1874-1937) construit un oscillateur, sur le modèle de ce que Heinrich Hertz avait fait avant lui, et un détecteur fondé sur les travaux ...

Un biomarqueur pronostic

Des marqueurs pour le diagnostic et le pronostic

Certaines protéines font office de marqueurs tumoraux lorsqu'elles sont produites en excès par le corps. En effet, lorsque des proportions anormalement élevées sont détectées dans le sang, les tissus, l'urine ou les selles, ...

Les routes intelligentes du futur

Vers la route de 5e génération

En France, plus d'un tiers des émissions de dioxyde de carbone (CO2) est dû au secteur des transports ; lutter contre cet état de fait apparaît comme un enjeu crucial. Si les véhicules et les usages évoluent en matière de mobilité, les ...

Microbiote et santé

Un méta-organisme qui nous veut du bien

On estime à 100 000 milliards le nombre de micro-organismes qu'abrite un corps humain - soit 10 fois plus que  le nombre de cellules qui le constituent. Ce microbiote peut être cutané, buccal, nasal et sexuel, mais l'essentiel des populations ...

Thérapie cellulaire et rétinite pigmentaire

S. R. Y. CAJAL, Histologie Du Système Nerveux de l'Homme et Des Vertébrés, Maloine, Paris

On estime à 1,5 million le nombre de personnes atteintes de rétinite pigmentaire, dont 35 000 en France ; cette pathologie dégénérative se caractérise par une perte progressive de la vision jusqu'à la cécité. Son incurabilité est aujourd'hui remise en question par des chercheurs français d'I-Stem, un laboratoire de l'AFM-Téléthon, et de l'Institut de la Vision, dont les travaux ont consisté à injecter dans l'oeil des cellules d'épithélium pigmentaire rétinien (la couche externe et monocellulaire de la rétine), obtenues à partir de cellules souches embryonnaires humaines. L'expérience avait déjà été tentée par une équipe américaine en 2012, mais les cellules étaient alors mises en suspension, ce qui entraînait une durée de vie relativement faible après transplantation.

Les chercheurs ont donc mis au point une sorte de "patch cellulaire" en réunissant des cellules d'épithélium pigmentaire rétinien dérivées de cellules pluripotentes sur une membrane amniotique issue de placenta humain ; pour évaluer l'intérêt de cette technique, le pansement a ensuite été greffé sous la rétine de rats présentant une rétinite pigmentaire héréditaire. Il en résulte, après trois mois d'observation, que ces derniers présentent une bien meilleure acuité visuelle que d'autres animaux auxquels ont été administrées des cellules en suspension.

Suite à ce premier résultat, un essai clinique sera mené au Centre hospitalier national d’ophtalmologie des Quinze-Vingt à Paris, sur quelques patients souffrant d'une certaine forme de rétinite pigmentaire. Cet essai constituera la première thérapie cellulaire destinée à traiter une affection visuelle en France ; c'est d'autant plus ambitieux qu'on sait les difficultés de greffes de cellules chez l'Homme : la tolérance immunitaire et les risques de rejets, ou au contraire la prolifération éventuelle des cellules. Si les résultats sont concluants, cette approche pourra être appliquée à toutes les pathologies dans lesquelles on observe une altération de l’épithélium pigmentaire rétinien, notamment dans la dégénérescence maculaire liée à l'age qui touche plus d'un million de personnes en France.
Publié le 19/01/2018

Pour en savoir plus

  • une vidéo de vulgarisation https://www.youtube.com/watch?v=tRc_fpkP0eo
  • une interview http://www.universcience.tv/video-christelle-monville-et-la-retine-11613.html
  • des cours (vidéos) http://www.istem.eu/savoir-faire/sous-rubrique/

» lire tous les articles 1 2 3 4 5 6 7 8
sciences en ligne
exploratheque
du premier stage au premier emploi


Microbiote et santé
Des micro-organismes aux effets bénéfiques de plus en plus étudiés et utilisés

Un méta-organisme qui nous veut du bien

On estime à 100 000 milliards le nombre de micro-organismes qu'abrite un corps humain - soit 10 fois plus que  le nombre de cellules qui le constituent. Ce microbiote peut être cutané, buccal, nasal et sexuel, mais l'essentiel des populations réside dans l'intestin, c'est la flore intestinale. Aujourd'hui, de plus en plus d'études révèlent l'implication du microbiote dans de nombreux mécanismes physiologiques.

Pour preuve de son importance, les animaux dits axéniques - c'est-à-dire élevés en laboratoire sans microbiote – ont des besoins énergétiques plus importants que les animaux vivant en milieu naturel. Le microbiote intestinal intervient en effet directement dans la digestion via un ensemble d'enzymes que l'organisme seul ne synthétise pas, pour l'aider à assimiler certaines vitamines (K, B8, B12...) ou à faire fermenter les substrats et résidus non digestibles. Il éduque également le système immunitaire intestinal. La proportion des microbes pathogènes est en général dérisoire, en revanche, le microbiote interviendrait dans la lutte contre nombre d'infections et de maladies. L'attention des scientifiques se concentre de plus en plus sur l'équilibre naturel du microbiote - appelé eubiose. De fait, les perturbations (dysbioses) sont des facteurs de prédisposition à des maladies dont le lien avec la flore intestinale ne semble a priori pas évident ; parmi elles figureraient l'asthme, les troubles du spectre autistique, l'eczéma, la dépression, la sclérose en plaque, les maladies cardiaques, certains cancers, le diabète de type 2, etc.

Recherche et innovations thérapeutiques

Depuis 2008, le Human Microbiome Projet, mené aux Etats-Unis, s'attèle à recenser tous les micro-organismes présents dans le corps humain. La métagénomique contribue, grâce aux technologies de séquençage et à la bio-informatique, à mieux connaître le génome de ces espèces microbiennes qui ont co-évolué en symbiose avec l'Homme et qui assurent des fonctions dont on prend de plus en plus conscience de l'importance. Cela représenterait de 100 à 150 fois le génome humain, soit des millions de gènes. De plus, cet écosystème est spécifique à chaque individu.

La neurobiologie s'intéresse aussi au microbiote. Ainsi, Sonia Garel, directrice de recherche à l’INSERM, en charge du laboratoire Développement et plasticité du cerveau à l'Institut de biologie de l’Ecole normale supérieure, a conduit une étude sur des souris qui "explore le lien entre l'ensemble des micro-organismes et les cellules immunitaires du cerveau. Par exemple, on savait que les perturbations du microbiote peuvent modifier chez l'adulte les microglies, ces cellules sentinelles de la lutte contre les attaques bactériennes ou les lésions et qui jouent également un rôle dans le fonctionnement du cerveau, en régulant la mise en place des connexions nerveuses, leur maintien, leur survie, et l'élimination de neurones morts. On a découvert que le microbiote de la mère impacte les microglies de l'embryon dans l'utérus, et que cet effet est d'ailleurs différent selon l'identité sexuelle."

Ces connaissances encore émergentes commencent à trouver des applications thérapeutiques. Ainsi, la transplantation des matières fécales d'un donneur sain permet de recoloniser la flore intestinale altérée d'un patient atteint, par exemple, de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, ou d'infections par le Clostridium difficile pour lesquelles, dans certains cas, les traitements conventionnels échouent. De même, en s'inspirant de ces études sur le microbiote, on envisage, en agronomie, de remplacer l'usage des pesticides par l'utilisation raisonnée du microbiome des végétaux.
Publié le 26/01/2018

En savoir plus

Yannis Benzaïd
Twitter Facebook Google Plus Linkedin email