S'inscrire identifiants oubliés ?

Iseult, plongée dans le cerveau humain

19 mai 2017

Une prouesse technologique

Pour ses 10 ans le centre NeuroSpin du CEA de Saclay se dote de l'IRM (instrument d'imagerie par résonance magnétique) le plus puissant au monde. Avec son aimant supraconducteur de taille ...

Les points forts de l'agroforesterie

L'agroforesterie et la transition agroécologique

Le système d'agriculture actuel doit se transformer afin de répondre aux défis de la production agroalimentaire, ...

Le plongeon final de Cassini

Une mission riche en enseignements

Afin de mieux connaître Saturne et ses satellites, la sonde spatiale Cassini a quitté la Terre en octobre 1997. Parvenue à destination en 2004, elle s'est mise en orbite autour de la

Vers des réseaux de synapses artificiels

La mémoire et la synapse

Dans le cerveau, les informations sont transmises par des signaux électriques véhiculés par les neurones. Ces cellules sont connectées ...

Les protéines du tardigrade

Publié le 27 avril 2017

Que sont les protéines intrinsèquement désordonnées (PID) ?

François-Xavier Theillet, chercheur à l'I2BC (Institut de biologie intégrative de la cellule, rattaché au CEA, au CNRS et à l'université Paris Sud) étudie ...

La fibre pour le très haut débit

(source image : www.elbpresse.de)
26/04/17

Le très haut débit et la fibre

L'ARCEP (Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes) définit le très haut débit par des débits d'information supérieurs ...

Lutter contre le paludisme

Une maladie endémique

Le paludisme, ou malaria, est une infection des globules rouges causée par le protozoaire Plasmodium falciparum, qui a pour origine le gorille. Ses symptômes se rapprochent de ceux de la grippe : fièvre, troubles ...

Une piste de recherche pour guérir du SIDA

Des virus dormants

Le SIDA (Syndrome d’ImmunoDéficience Acquise) est le dernier stade de l’infection par le VIH (Virus de l’Immunodéficience Humaine). Ce rétrovirus s’attaque aux cellules du système immunitaire, les lymphocytes T CD4. Après les avoir infectées, il les détruit ou les rend inefficaces, ce qui entraîne un affaiblissement du système immunitaire et une vulnérabilité face aux infections opportunistes.

Les antirétroviraux, d'abord l'AZT seul puis le développement de trithérapies et d'autres pistes, permettent de ralentir l'évolution du syndrome et donc de contrôler l'infection. Cependant, certaines particules virales infectent les cellules de l'organisme sans les détruire, en restant dormantes. Le virus persiste donc dans des réservoirs au sein du système immunitaire, protégé des traitements car ne se répliquant plus et surtout prêt à se disséminer si le terrain redevient favorable. Ce qui contraint les patients à suivre des traitements toute leur vie.

En parallèle des thérapies actuelles, ainsi que des campagnes d'information et des recherches sur un éventuel vaccin visant à prévenir la propagation de l'épidémie, la guérison complète du VIH passe nécessairement par l'élimination de ces réservoirs. Pour envisager cela, une première étape est alors de distinguer dans le système immunitaire les cellules infectées des cellules saines actives, qui se ressemblent fortement. Pour ce faire, une équipe de l'Institut de génétique humaine est partie de l’hypothèse que le VIH pourrait laisser une empreinte à la surface de sa cellule hôte.

Identifier des marqueurs pour cibler les réservoirs de virus

Grâce à un modèle d’infection développé dans leur laboratoire, les chercheur·euse·s ont identifié la protéine CD32a, présente uniquement à la surface des cellules infectées. Codée par un gène parmi la centaine qui sont exprimés de manière spécifique par les cellules infectées, la protéine remplit in vitro les critères d’un marqueur de cellules réservoirs. Pour Monsef Benkirane, directeur de l'Institut : « L'expression de ce marqueur a une signification biologique. Il faut qu'on comprenne ce que la cellule est en train de nous dire lorsqu'elle est stressée par le virus. »

Le résultat a été confirmé par les expérimentations sur des échantillons cliniques. En étudiant des prélèvements de sang de douze patients séropositifs traités, les chercheur·euse·s ont constaté que les cellules exprimant le marqueur étaient presque toutes porteuses du virus. De plus, ces cellules ont pu être réactivées in vitro et se sont révélées capables de réinfecter des cellules saines, illustrant l'impossibilité pour un patient aujourd'hui d'arrêter son traitement.

« Cette découverte est un début, et pas une fin. L'utiliser pour comprendre comment le réservoir s'est établi, comment il s'est maintenu, quelles sont ses propriétés, ouvre de grandes perspectives de compréhension. Vu le nombre d'équipes dans le monde qui se sont attelées à ces recherches, on va très vite accumuler suffisamment de données pour proposer des stratégies thérapeutiques efficaces pour le traitement du VIH ciblant le réservoir. »

Un brevet, en propriété CNRS, a été déposé sur l'utilisation diagnostique et thérapeutique du marqueur ainsi identifié. Cette étude ouvre la voie à de nouvelles stratégies visant l'élimination totale du virus latent. Ces travaux, publiés dans la revue Nature, s’inscrivent dans le cadre du programme stratégique Réservoirs du VIH de l’ANRS (Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales).

En savoir plus

Découverte d’un marqueur du réservoir du VIH : une nouvelle piste pour éliminer le virus, communiqué de presse du CNRS et communiqué de presse de l'INSERM

VIH et Sida, dossier de l'INSERM

VIH et Sida, dossier de l'OMS

L'épidémie de SIDA : vers une résurgence ? sur Sciences en ligne

Lutte contre le SIDA : de nouveaux espoirs ? Sur Sciences en ligne

La plate-forme de prévention du SIDA

» lire tous les articles 1 2 3 4 5 6 7 8
sciences en ligne
exploratheque
du premier stage au premier emploi


Les points forts de l'agroforesterie
L'agroforesterie, en associant les arbres et les cultures, améliore la santé des sols et des écosystèmes, notamment à travers l'atténuation du changement climatique et la résilience face à ses effets.

L'agroforesterie et la transition agroécologique

Le système d'agriculture actuel doit se transformer afin de répondre aux défis de la production agroalimentaire, du climat et des métiers de la paysannerie. Omniprésente dans les pays tropicaux, l'agroforesterie suit la démarche des techniques d'agroécologie avec une gestion des terres qui associe arbres et cultures. Au-delà des agricultures biologique ou raisonnée visant à diminuer l'utilisation des produits phytosanitaires ou des intrants, elle se base sur les principes de l'écologie scientifique en vue de favoriser le mimétisme avec les écosystèmes naturels.

Le principe de base est de choisir le bon couple arbre-culture, de manière à favoriser la complémentarité entre les deux. Des exemples : associer une culture aux racines superficielles à un arbre aux racines profondes, associer une culture à un arbre qui perd ses feuilles lorsque la culture a besoin de lumière, introduire des plantes herbacées dont le cycle de croissance est décalé dans le temps par rapport à celui des arbres auxquelles elles sont associées. Ce couplage est de fait plus complexe que pour une monoculture, ce qui nécessite de faire appel à des compétences et des formations agronomiques poussées. C'est encore plus le cas avec les agroforêts, des associations complexes avec plusieurs espèces d’arbres.

Le choix du couple dépend aussi de la zone agro-climatique, ainsi que des effets bénéfiques souhaités pour le système agroforestier. L'objectif peut être de nature écologique, dans une logique de services écosystémiques. Planter des arbres au-dessus de caféiers, par exemple, leur assure de l'ombrage et enrichit le sol en azote. Les arbres eux-mêmes peuvent fournir une production qui s'ajoute à celle des cultures. Pas seulement du bois, mais aussi des fruits, du fourrage pour les animaux et des substances médicamenteuses. Il existe ainsi une immense variété de couples possible entres les arbres et les cultures, selon l'endroit du monde où l'on se trouve et selon la complémentarité recherchée.

L'agroforesterie et la santé des écosystèmes

Les arbres sont des puits de carbone, puisqu'ils absorbent de grandes quantités du gaz à effet de serre CO2 (dioxyde de carbone). Le carbone atmosphérique est piégé sous forme de matière organique dans la biomasse, d'abord les racines, le tronc et les feuilles des arbres, puis l'humus et la matière organique du sol. Le stockage de ce carbone diminue donc l'effet de serre tandis que les associations agroforestières tamponnent les variations climatiques, ce qui aide les systèmes de production agricole à mieux supporter les chocs climatiques. L’agroforesterie est ainsi classée par les spécialistes du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) parmi les méthodes de mise en valeur du sol capables de renforcer l’adaptation au changement climatique et son atténuation. Son exemple est de plus en plus cité pour illustrer cette synergie.

La présence d'arbres dans, autour et à proximité des parcelles agricoles contribue ainsi à l'amélioration de la qualité des sols en termes de fertilité et de biodiversité. La couverture et l'enrichissement en matière organique des sols en améliorent les propriétés, de sorte qu’ils retiennent mieux l’eau et les nutriments dont les plantes ont besoin. La présence d'un couvert permanent aide en particulier à lutter contre l'érosion des terres, par exemple en cas de pluies importantes. Si les arbres associés aux cultures fixent l'azote, notamment avec la symbiose entre les bactéries de type Rhizobium et des plantes de la famille des légumineuses, le sol sera également enrichi en azote. De même, le sol peut être enrichi en phosphore grâce à la symbiose mycorhizienne entre des champignons et des arbres.

Dans ces nouveaux paysages de bocages agroforestiers, les arbres créent de l’hétérogénéité. Ils participent à la conservation de la biodiversité et contribuent à l'équilibre des agro-écosystèmes dans lesquels ils s'insèrent. Plantés dans les parcelles, au bord des chemins ou autour des ruisseaux, les grands arbres structurent l'espace rural et font s'inscrire l'agroforesterie dans une démarche à l'échelle du paysage.

Article réalisé à partir d'un entretien avec Emmanuel Torquebiau, chercheur au CIRAD Montpellier et expert en écologie tropicale et agroforesterie.

En savoir plus

L'agriculture de demain, l'alliée du climat ?, sur Sciences en ligne

L'enjeu de la préservation des sols, sur Sciences en ligne

Les billets de blogue d'Emmanuel Torquebiau, sur The Conversation

L'agroforesterie et la recherche agronomique, sur Explorathèque

Arthur Jeannot
Twitter Facebook Google Plus Linkedin email