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Tchouri ou l'âge des comètes

La mission Rosetta de l'ESA a montré que la comète « Tchouri » (67P Churyumov-Gerasimenko), sur laquelle l'atterrisseur de la sonde a fini par s'écraser, est composée à près de 40 % de molécules organiques. D'après les travaux de Jean-Loup Bertaux, du Laboratoire atmosphères, milieux, observations spatiales (CNRS/UPMC/Univ. Versailles–Saint-Quentin-en-Yvelines), et Rosine Lallement, du laboratoire Galaxies, étoiles, physique et instrumentation (Observatoire de Paris/CNRS/Université Paris Diderot), ces molécules organiques auraient été formées dans le milieu interstellaire, avant la formation du système solaire.

En effet, l’on sait grâce à l’étude de la lumière des étoiles, et notamment des bandes diffuses interstellaires (« Diffuse Interstellar Bands », DIB), que des molécules organiques complexes sont présentes en quantité dans le milieu interstellaire. Dans les nuages interstellaires très denses, et notamment ceux dans lesquels une étoile va se former, les DIB ont tendance à diminuer parce que, d’après l’hypothèse émise par les deux chercheurs, les molécules organiques s’agglutinent et ne peuvent plus absorber autant de lumière. Le processus de formation des comètes, par agglutination non violente de petits grains de matières, aurait permis à ces molécules préexistantes au système solaire d’être préservées et identifiées 4,6 milliards d’années plus tard au sein de Tchouri.

Pour connaître la nature exacte de cette mystérieuse matière interstellaire, il faudra mettre sur pied une mission spatiale de collecte d’échantillons destinés à revenir sur Terre pour être analysés en laboratoire. En tout cas, si la matière organique des comètes provient bien du milieu interstellaire et qu’elle a joué un rôle dans l’apparition de la vie dur terre, rien n’interdit de penser qu’il en est de même ailleurs dans l’univers.

publié le 25 septembre 2017

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Lutter contre le paludisme
Fléau des zones tropicales, le paludisme fait l'objet de nombreuses recherches et d'indispensables actions de prévention

Une maladie endémique

Le paludisme, ou malaria, est une infection des globules rouges causée par le protozoaire Plasmodium falciparum, qui a pour origine le gorille. Ses symptômes se rapprochent de ceux de la grippe : fièvre, troubles digestifs et fatigues. Lorsqu'un organe vital est atteint on parle de paludisme grave. Le principal vecteur de la maladie est la piqûre des moustiques femelles du genre Anophèles, plus précisément une trentaine d'espèces sur quatre cents connues.

Avec 300 à 500 millions de malades et plus d'un million de décès chaque année, le paludisme est un problème de santé publique majeur, essentiellement dans les régions tropicales. En 2015, 91 pays étaient ainsi confrontés à une transmission continue de cette parasitose et près de la moitié de la population mondiale était exposée au risque de la contracter. Les nourrissons, les enfants de moins de cinq ans, les femmes enceintes, les personnes porteuses du VIH, les migrant·e·s non immunisé·e·s, les populations itinérantes et les voyageur·euse·s sont plus exposé·e·s au paludisme et à ses effets que d'autres groupes de la population.

Prévention

La prévention est cruciale dans la lutte contre le paludisme. Elle passe tout d'abord par des mesures environnementales. Les pays occidentaux ont assaini leurs territoires humides, mais la lutte contre le paludisme reste un défi dans les pays du Sud. À ce type d'actions s'ajoutent l'épandage d'insecticides, la protection des lits par des moustiquaires, l'utilisation individuelle de produits répulsifs et de vêtements couvrants, ainsi que la prise de médicaments antipaludiques en prévention.

Si la couverture par de telles interventions de lutte antivectorielle est suffisamment élevée dans une région, l’ensemble de la communauté peut être protégé. L’action des organisations internationales, le financement des moyens de lutte et l’implication de nombreuses ONG et de groupes locaux ont permis une régression faible mais régulière des chiffres de la maladie.

Les pistes de vaccin

Le cycle de vie du parasite est complexe et ses formes variées selon son stade de développement. Il est ainsi difficile de développer un vaccin approprié, alors que seule la mise à disposition d’un vaccin protecteur à plus de 80% permettrait d’envisager l'éradication complète du paludisme. Les recherches ne faiblissent pas, avec une centaine de pistes actuellement suivies par les scientifiques.

En savoir plus

Le paludisme, animation sur Sciences en ligne

Le paludisme dans le monde, sur Sciences en ligne

Transmission du paludisme, sur Sciences en ligne

Paludisme, dossier de l'INSERM

Paludisme, aide-mémoire de l'OMS

Histoire du paludisme, dossier de l'IRD

Vaincre le paludisme, dossier thématique de l'IRD

Arthur Jeannot
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