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Dévier les astéroïdes géocroiseurs

Quels astéroïdes nous menacent ?

Les astéroïdes sont des corps rocheux errant dans l'espace, d'un diamètre compris entre dix mètres et mille kilomètres. Plusieurs millions d'entre eux gravitent dans le système solaire, notamment entre Mars et Jupiter dans la ceinture principale d'astéroïdes, ou encore, dans la ceinture de Kuiper au-delà de Neptune. Par le jeu des perturbations gravitationnelles, leur trajectoire les fait parfois croiser notre orbite, auquel cas on les appelle des géocroiseurs. Lorsqu'il pénètrent dans l'atmosphère et atteignent la surface, il s'agit de météorites.

Comme les comètes, les astéroïdes ont contribué à l'apparition de la vie sur Terre en y apportant de l'eau et des matériaux organiques, mais ils ont aussi provoqué des destructions, directement par leur impact ou indirectement par leurs effets sur le climat et les écosystèmes. Le risque d'être touché par un astéroïde est faible à l'échelle d'une vie humaine, mais certain sur la durée, avec des effets dévastateurs s'il tombe sur une zone densément peuplée.

La communauté scientifique parvient aujourd'hui à surveiller 90% des objets célestes de plus de 1 kilomètre, 30% des astéroïdes de 160 mètres et plus et 1% des corps de plus de 30 mètres, ces derniers pouvant détruire une ville. Les efforts s'accroissent pour mieux les recenser et développer des missions permettant de réagir à leur éventuelle venue. Leur potentiel de dangerosité est classé selon l'échelle de Turin, graduée de 0 à 10, 10 signifiant une collision frontale avec la planète.

Trois techniques pour dévier un astéroïde

Pour se protéger d'une collision dangereuse, il faut s'adapter aux risques possibles. Ainsi, pour les astéroïdes de taille inférieure à 50 mètres avec un temps d'impact très court, la seule possibilité est de prédire le point d'impact et d'évacuer la zone concernée. Si l'objet est plus gros ou le temps avant l'impact plus long, trois techniques sont à l'étude pour faire dévier l'astéroïde et éviter la collision.

Pour les astéroïdes de taille inférieure à cinquante mètres avec un temps d'impact suffisant, la méthode du tracteur gravitationnel consiste à envoyer un assemblage assez massif de satellites artificiels près de l'astéroïde. La force de gravitation va alors modifier la vitesse et la trajectoire de l'astéroïde, l'envoyant sur une orbite différente de celle de la planète. Cette solution, qui nécessite des modélisations et des calculs très poussés, n'existe pour l'instant qu'à l'état de théorie.

Pour les astéroïdes de taille comprise entre cinquante mètres et plusieurs centaines de mètres, la technique de l'impacteur cinétique consiste à envoyer une fusée heurter à très grande vitesse l'astéroïde, à un endroit et avec une vitesse précise. La mission américano-européenne AIDA mettra à l'épreuve cette solution, avec l'engin autoguidé baptisé DART. En 2022, il devra percuter la lune de l'astéroïde Didymos, afin d'observer la réaction de l'objet céleste.

Pour les astéroïdes de taille supérieure à un kilomètre, la solution envisagée est de lancer une ogive nucléaire dans l'espace pour la faire exploser à proximité de l'astéroïde. Le risque est de générer plusieurs morceaux au comportement imprévisible, qui pourraient donc être plusieurs à percuter la planète en suivant leur nouvelle trajectoire. Seuls des travaux de simulation étudient cette idée, car les objets de grande taille sont quasiment tous identifiés et ne posent aucun problème pour les siècles à venir.

En savoir plus

Une sonde à l'assaut d'un astéroïde, sur Sciences en ligne

La journée mondiale des astéroïdes, sur Explorathèque

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Des implants rétiniens restaurent la vision
Les implants rétiniens visent à redonner à des personnes devenues aveugles des perceptions artificielles.

Publié le 5 avril 2017

La rétine, si précieuse, si fragile

La rétine joue un rôle crucial pour la vision. Située en arrière-plan de l’œil et couvrant les trois quarts de sa paroi interne, elle comprend des millions de photorécepteurs qui transforment les signaux lumineux en signaux électriques. Plusieurs facteurs tels que l’âge, le tabagisme, l’exposition aux UV ou encore des facteurs génétiques peuvent entraîner la dégénérescence de la rétine, dont souffrent aujourd'hui des millions de personnes. Lorsque les cellules photoréceptrices meurent, les neurones de la rétine ne sont quant à eux pas affectés.

L'ambition des implants rétiniens est de faire en sorte que les personnes aveugles retrouvent une autonomie suffisante pour se déplacer et réaliser, seuls, certaines tâches de la vie courante. Ce traitement vise les patient·e·s atteint·e·s de rétinite pigmentaire, responsable de cécité dès l'adolescence, ainsi que d'autres maladies, comme la dégénérescence maculaire liée à l'âge, qui affecte des populations plus âgées et plus nombreuses.

La technologie des implants rétiniens

La rétine artificielle se substitue aux photorécepteurs. Concrètement, il s’agit d'une puce de trois millimètres de large sur trois de long, fixés sur ou sous la rétine et connectée à un petit appareillage placé sous un pli de peau derrière l'oreille. Les électrodes stimulent électriquement les neurones rétiniens à travers le nerf optique, envoyant ainsi l'image correspondant à celle formée au fond de l’œil.

Les premiers dispositifs ont été testés dans les années 1990. Un nouvel implant, développé par une équipe de l’Institut italien de technologie de Gênes a donné des résultats concluants sur des rats. Les chercheur·euse·s prévoient d’effectuer les premiers essais cliniques à la fin de l’année 2017 et de recueillir les résultats préliminaires au cours de l’année 2018.

Des approches biologiques alternatives sont également développées, comme la thérapie génique dans le cas rare d'une origine génétique simple de la maladie ou l'utilisation de cellules souches.

En savoir plus

L'article de Nature Materials, publié le 6 mars 2017

Une animation pour comprendre la vision, sur Sciences en ligne

Au cœur des organes, l’œil et la vision, vidéo de l'INSERM

Rétine artificielle, dossier de l'INSERM

Arthur Jeannot
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