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Génomique et médecine personnalisée

L'essor de la génomique

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La bouche artificielle

Comprendre le rôle de la bouche

Tous les jours, plusieurs fois par jour, la bouche effectue la manducation. La manducation est l'action qui regroupe les opérations antérieures à la digestion que sont la préhension, la mastication, l'insalivation, la ventilation et la déglutition.
Les mécanismes en jeu dans la bouche étant complexes, une équipe de chercheurs de l'INRA (Centre des Sciences du Goût et de l’Alimentation et Flaveur Food Oral Processing & Perception) collabore afin de les étudier en profondeur, et ce en particulier, grâce au développement d'une "bouche artificielle". Leurs travaux se focalisent sur les perceptions humaines des flaveurs (sensations olfactives, gustatives et tactiles ressenties lors de la consommation d'un produit alimentaire), notamment en étudiant la mastication et la salivation « c’est-à-dire à la manière dont un aliment est déstructuré en bouche et les stimuli sont libérés pour atteindre les récepteurs », explique Christian Salles, directeur de recherche à l'INRA.
Afin d'étudier les interactions entre la mastication et la libération des arômes en bouche, les chercheurs utilisent le plus souvent une procédure in vivo en recourant à un jury de dégustateurs. Cette procédure est cependant limitée, compte tenu de la dispersion des données collectées. Pour cette raison, les chercheurs se sont tournés vers des expérimentations in vitro en utilisant une bouche artificielle ou « machine à mâcher ».

La bouche artificielle

L'idée étant inédite, il a fallu créer l'instrument de toutes pièces. Cela a nécessité trois ans d'ébauches et de développement (en collaboration avec l'IUT du Creusot). La bouche artificielle voit le jour en 2006. Sans cesse améliorée depuis, elle consiste en des mâchoires supérieure et inférieure, des dents faites à partir de molaires scannées en 3D, et d’une langue alimentée en salive artificielle. De nombreuses études ont pu être réalisées en contrôlant les paramètres de la machine (chose impossible à effectuer sur les humains ! ). Il est par exemple possible de suivre en temps réel la libération des arômes, grâce à un spectromètre de masse. La bouche humaine continue toutefois à faire partie des expériences. Les données collectées servent par exemple à calibrer plus minutieusement le simulateur de mastication.
Les chercheurs travaillent à présent sur une bouche artificielle de seconde génération pour l'horizon 2020. L'instrument, ajusté, optimisé et plus facile à utiliser permettra aux chercheurs de comprendre en profondeur l'influence de certains paramètres physiologiques sur la libération de la flaveur.

Publié le 22/11/2018

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La diatomée est une algue courante dans les lacs et les rivières. Mais elle a une particularité qui fait rêver les chimistes : elle est capable de produire une carapace à partir de la silice dissoute dans l’eau, et ceci à température ambiante. Pour mémoire, le verre est produit industriellement en portant du sable (silice) à des températures d’au moins 1500°C pour le faire fondre. La diatomée a ainsi inspiré une chimie douce, se déroulant à des températures peu élevées, de 20°C à 200°C. Jacques Livage, Professeur à l'Université Pierre et Marie Curie, Membre de l'Académie des Sciences et du Collège de France, a ainsi mis au point un procédé peu énergivore, qui consiste à dissoudre de la silice dans l’eau puis à procéder à une opération de polymérisation en présence de catalyseurs et en jouant sur le pH. « Un procédé breveté en 1939 par l’entreprise Schott, mais curieusement ignoré par le monde académique jusque dans les années 1980 ! », souligne Jacques Livage. Ce procédé ne permet pas de créer des produits massifs, mais il permet de maîtriser très finement la création de la structure de silice, très utile pour réaliser des films très fins. De nombreuses applications ont déjà trouvé des débouchés économiques, par exemple pour les revêtements anti-reflet sur les vitrages des bâtiments ou les parebrises des automobiles, ou encore pour des revêtements auto-nettoyants à base de matériaux hybrides organo-minéraux en oxyde de titane (TiO2) qui décomposent les particules organiques par photocatalyse. D’autres sont encore en voie de développement comme l’emprisonnement de micro-organismes tels que des bactéries, champignons ou micro-algues dans des gels de silice tout en conservant leur activité biologique et les échanges des micro-organismes avec le milieu extérieur. Ce procédé pourrait servir pour fabriquer des capteurs antipollution ou des test immunitaires. Dans le domaine médical, des chercheurs ont également réussi à injecter chez des diabétiques des cellules de pancréas impliquées dans la production d’insuline, entourées d’une carapace en silice qui les protège contre le système immunitaire du patient.


Pour en savoir plus :

Site de l'exposition sur la bio-inspiration

Sur la photonique

Sur la chimie douce

Pauline Armary
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