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Tchouri ou l'âge des comètes

La mission Rosetta de l'ESA a montré que la comète « Tchouri » (67P Churyumov-Gerasimenko), sur laquelle l'atterrisseur de la sonde a fini par s'écraser, est composée à près de 40 % de molécules organiques. D'après les travaux de Jean-Loup Bertaux, du Laboratoire atmosphères, milieux, observations spatiales (CNRS/UPMC/Univ. Versailles–Saint-Quentin-en-Yvelines), et Rosine Lallement, du laboratoire Galaxies, étoiles, physique et instrumentation (Observatoire de Paris/CNRS/Université Paris Diderot), ces molécules organiques auraient été formées dans le milieu interstellaire, avant la formation du système solaire.

En effet, l’on sait grâce à l’étude de la lumière des étoiles, et notamment des bandes diffuses interstellaires (« Diffuse Interstellar Bands », DIB), que des molécules organiques complexes sont présentes en quantité dans le milieu interstellaire. Dans les nuages interstellaires très denses, et notamment ceux dans lesquels une étoile va se former, les DIB ont tendance à diminuer parce que, d’après l’hypothèse émise par les deux chercheurs, les molécules organiques s’agglutinent et ne peuvent plus absorber autant de lumière. Le processus de formation des comètes, par agglutination non violente de petits grains de matières, aurait permis à ces molécules préexistantes au système solaire d’être préservées et identifiées 4,6 milliards d’années plus tard au sein de Tchouri.

Pour connaître la nature exacte de cette mystérieuse matière interstellaire, il faudra mettre sur pied une mission spatiale de collecte d’échantillons destinés à revenir sur Terre pour être analysés en laboratoire. En tout cas, si la matière organique des comètes provient bien du milieu interstellaire et qu’elle a joué un rôle dans l’apparition de la vie dur terre, rien n’interdit de penser qu’il en est de même ailleurs dans l’univers.

publié le 25 septembre 2017

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Une planète autour de Proxima du Centaure
Des scientifiques de l’Observatoire européen austral ont annoncé la découverte d’une planète orbitant autour de l’étoile Proxima du Centaure, la plus proche du Soleil.

Discrète, l’étoile Proxima du Centaure est invisible à l’œil nu. Pourtant, elle occupe depuis quelques jours le devant de la scène chez les astrophysiciens. La raison ? Des scientifiques de l’Observatoire européen austral (ESO en anglais) ont annoncé la découverte d’une planète orbitant autour de l’étoile. Cette nouvelle exoplanète, baptisée Proxima b, s’ajoute à la liste des près de 3 000 déjà répertoriées depuis 1995, date de la première détection du genre par les astrophysiciens suisses Michel Mayor et Didier Queloz. Mais la planète Proxima b a une particularité : son étoile, distante du Soleil de 4,2 années-lumière, est la plus proche voisine de notre Système solaire. Son étude sera donc bientôt à portée des futurs grands télescopes.

Pour l’heure, seule la détection indirecte de Proxima b a pu avoir lieu avec les moyens technologiques actuels. C’est un télescope situé sur les hauteurs de La Silla, au Chili, et équipé d’un spectrographe qui a permis d’établir l’existence de la planète. Cet instrument a permis de déceler d’infimes perturbations gravitationnelles de l’étoile sous l’influence de Proxima b. L’analyse du signal a apporté quelques indications aux astrophysiciens. Ainsi, la planète orbite en 11,2 jours autour de Proxima du Centaure. Sa masse d’environ 1,3 fois celle de la Terre en ferait un corps rocheux, et non gazeux comme la géante Jupiter.

Une planète dans la zone habitable

Surtout, les scientifiques ont pu estimer la distance à son étoile, un paramètre-clé dans la quête d’une éventuelle forme de vie extraterrestre. Or il apparaît que Proxima b se trouve à l’intérieur d’une zone, dite zone d’ « habitabilité », où l’eau peut se maintenir à l’état liquide en surface grâce au rayonnement en provenance de l’étoile. Dans notre système solaire, la Terre, à 150 millions de km du Soleil, se situe dans cette zone, qui est favorable à l’émergence de la vie. Pour l’étoile Proxima du Centaure, moins lumineuse que le Soleil, Proxima b, à « seulement » 7,5 millions de km, évolue aussi dans la zone d’habitabilité.

Faute de télescopes suffisamment puissants, les scientifiques ne disposent toutefois d'aucune information quant à la présence ou non d'une atmosphère, autre condition indispensable à la vie. Leurs espoirs reposent sur la prochaine génération de télescopes géants. Un projet européen, qui doit entrer en service en 2024, serait en mesure de prendre une photo de Proxima b à côté de son étoile. La lumière directement issue de la planète apporterait de précieux renseignements aux astronomes sur les chances d’existence d’une forme de vie à sa surface. En attendant, la chasse aux exoplanètes continue.

Illustration : Vue d'artiste de Proxima b (Crédit : ESO/M. Kornmesser)

Mickaël Charpentier
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