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Thérapie cellulaire et rétinite pigmentaire

S. R. Y. CAJAL, Histologie Du Système Nerveux de l'Homme et Des Vertébrés, Maloine, Paris

On estime à 1,5 million le nombre de personnes atteintes de rétinite pigmentaire, dont 35 000 en France ; cette pathologie dégénérative se caractérise par une perte progressive de la vision jusqu'à la cécité. Son incurabilité est aujourd'hui remise en question par des chercheurs français d'I-Stem, un laboratoire de l'AFM-Téléthon, et de l'Institut de la Vision, dont les travaux ont consisté à injecter dans l'oeil des cellules d'épithélium pigmentaire rétinien (la couche externe et monocellulaire de la rétine), obtenues à partir de cellules souches embryonnaires humaines. L'expérience avait déjà été tentée par une équipe américaine en 2012, mais les cellules étaient alors mises en suspension, ce qui entraînait une durée de vie relativement faible après transplantation.

Les chercheurs ont donc mis au point une sorte de "patch cellulaire" en réunissant des cellules d'épithélium pigmentaire rétinien dérivées de cellules pluripotentes sur une membrane amniotique issue de placenta humain ; pour évaluer l'intérêt de cette technique, le pansement a ensuite été greffé sous la rétine de rats présentant une rétinite pigmentaire héréditaire. Il en résulte, après trois mois d'observation, que ces derniers présentent une bien meilleure acuité visuelle que d'autres animaux auxquels ont été administrées des cellules en suspension.

Suite à ce premier résultat, un essai clinique sera mené au Centre hospitalier national d’ophtalmologie des Quinze-Vingt à Paris, sur quelques patients souffrant d'une certaine forme de rétinite pigmentaire. Cet essai constituera la première thérapie cellulaire destinée à traiter une affection visuelle en France ; c'est d'autant plus ambitieux qu'on sait les difficultés de greffes de cellules chez l'Homme : la tolérance immunitaire et les risques de rejets, ou au contraire la prolifération éventuelle des cellules. Si les résultats sont concluants, cette approche pourra être appliquée à toutes les pathologies dans lesquelles on observe une altération de l’épithélium pigmentaire rétinien, notamment dans la dégénérescence maculaire liée à l'age qui touche plus d'un million de personnes en France.
Publié le 19/01/2018

Pour en savoir plus

  • une vidéo de vulgarisation https://www.youtube.com/watch?v=tRc_fpkP0eo
  • une interview http://www.universcience.tv/video-christelle-monville-et-la-retine-11613.html
  • des cours (vidéos) http://www.istem.eu/savoir-faire/sous-rubrique/

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Une planète autour de Proxima du Centaure
Des scientifiques de l’Observatoire européen austral ont annoncé la découverte d’une planète orbitant autour de l’étoile Proxima du Centaure, la plus proche du Soleil.

Discrète, l’étoile Proxima du Centaure est invisible à l’œil nu. Pourtant, elle occupe depuis quelques jours le devant de la scène chez les astrophysiciens. La raison ? Des scientifiques de l’Observatoire européen austral (ESO en anglais) ont annoncé la découverte d’une planète orbitant autour de l’étoile. Cette nouvelle exoplanète, baptisée Proxima b, s’ajoute à la liste des près de 3 000 déjà répertoriées depuis 1995, date de la première détection du genre par les astrophysiciens suisses Michel Mayor et Didier Queloz. Mais la planète Proxima b a une particularité : son étoile, distante du Soleil de 4,2 années-lumière, est la plus proche voisine de notre Système solaire. Son étude sera donc bientôt à portée des futurs grands télescopes.

Pour l’heure, seule la détection indirecte de Proxima b a pu avoir lieu avec les moyens technologiques actuels. C’est un télescope situé sur les hauteurs de La Silla, au Chili, et équipé d’un spectrographe qui a permis d’établir l’existence de la planète. Cet instrument a permis de déceler d’infimes perturbations gravitationnelles de l’étoile sous l’influence de Proxima b. L’analyse du signal a apporté quelques indications aux astrophysiciens. Ainsi, la planète orbite en 11,2 jours autour de Proxima du Centaure. Sa masse d’environ 1,3 fois celle de la Terre en ferait un corps rocheux, et non gazeux comme la géante Jupiter.

Une planète dans la zone habitable

Surtout, les scientifiques ont pu estimer la distance à son étoile, un paramètre-clé dans la quête d’une éventuelle forme de vie extraterrestre. Or il apparaît que Proxima b se trouve à l’intérieur d’une zone, dite zone d’ « habitabilité », où l’eau peut se maintenir à l’état liquide en surface grâce au rayonnement en provenance de l’étoile. Dans notre système solaire, la Terre, à 150 millions de km du Soleil, se situe dans cette zone, qui est favorable à l’émergence de la vie. Pour l’étoile Proxima du Centaure, moins lumineuse que le Soleil, Proxima b, à « seulement » 7,5 millions de km, évolue aussi dans la zone d’habitabilité.

Faute de télescopes suffisamment puissants, les scientifiques ne disposent toutefois d'aucune information quant à la présence ou non d'une atmosphère, autre condition indispensable à la vie. Leurs espoirs reposent sur la prochaine génération de télescopes géants. Un projet européen, qui doit entrer en service en 2024, serait en mesure de prendre une photo de Proxima b à côté de son étoile. La lumière directement issue de la planète apporterait de précieux renseignements aux astronomes sur les chances d’existence d’une forme de vie à sa surface. En attendant, la chasse aux exoplanètes continue.

Illustration : Vue d'artiste de Proxima b (Crédit : ESO/M. Kornmesser)

Mickaël Charpentier
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